Tout savoir sur le bancha

Le bancha est un terme englobant une série de thés verts japonais bons marchés prévus pour une consommation quotidienne.

Récoltés du milieu à la fin de l’été, il est produit à partir des troisièmes, quatrièmes, et parfois cinquièmes récoltes considérées comme de moins bonne qualité.

Mais le bancha est-il vraiment “moins bon” ?

Nous en discutons ci-dessous.

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Bancha classique.

Qu’est-ce que le bancha ?

Le bancha est un thé vert japonais produit à partir des troisièmes, quatrièmes, et parfois cinquièmes récoltes des théiers ayant lieu généralement du milieu de l’été au début de l’hiver.

Il a une saveur forte et est considéré comme de qualité inférieure par rapport au sencha et au gyokuro. Il reste cependant populaire en raison de son goût unique, de ses bienfaits et de son prix.

Il y a vingt-deux niveaux de qualité de bancha, ce qui montre bien que le terme “bancha” n’est pas hyper spécifique comme le gyokuro, ou le matcha.

Pourquoi boire du bancha ?

Les arômes du bancha sont doux, amers et terreux ce qui en fait un thé particulièrement apprécié avec du chocolat noir. On le compare à un “sencha sans umami”.

Faible en caféine, il contient les mêmes nutriments bienfaiteurs que le sencha, toutefois en moindre concentration.

Enfin, le bancha est un des thés japonais les moins chers, offrant un rapport qualité/prix imparable pour du thé japonais.

Quels sont les vertus et bienfaits du bancha ?

Le bancha est surtout connu pour aider à la digestion ce qui explique sa consommation quotidienne au Japon.

Il est également riche en antioxydant, vitamine A, B, et C, et représente une bonne source de potassium, de fer, et de calcium.

En effet, lorsque les thés comme le gyokuro, shincha, ou matcha sont fabriqués à partir de jeunes pousses de petite taille, le bancha est fabriqué à partir de grandes feuilles expliquant sa composante en nutriment différente.

Comment le bancha est-il produit ?

Le bancha est produit à partir des troisième, quatrième, et parfois cinquième récoltes de feuilles commençant vers mi-juillet – début août.

Les feuilles sont d’abord passées au bain à vapeur (“shaqing”) afin d’interrompre le processus naturel d’oxydation, puis elles sont roulées et séchées.

Le bancha rassemble plusieurs thés différents produits pour être vendus à petits prix et consommés quotidiennement. Il y a donc plusieurs sortes de bancha et tous ne sont pas produits de la même manière.

Différents thés ont le mot “bancha” dans leur nom mais ils ne sont pas nécessairement considérés comme étant des bancha. Certains ne sont même pas des thés.

  1. Ichibancha : L’ichibancha n’est pas un bancha, mais un terme indiquant un thé de première cueillette. Le shincha, par exemple, est un sencha ichibancha.
  2. Nibancha : Le nibancha est un terme indiquant un thé de seconde cueillette.
  3. Sanbancha : le sanbancha est un thé de troisième cueillette. Ces feuilles servent d’habitude à la production de bancha.
  4. Akibancha et shutobancha : ce bancha est un thé de troisième cueillette réalisée plus tard dans la saison (fin septembre).
  5. Yonbancha : le yonbancha est un bancha de quatrième cueillette.
  6. Kyobancha ou iribancha : originaire de Kyoto, le kyo (ou iri) bancha est un bancha torréfié (iri signifie “grillé”) après le shaqing, cueilli fin d’automne – début d’hiver. Ce thé est faible en caféine.
  7. Akibancha : à l’est du Japon, l’akibancha est un bancha classique. À l’ouest, il est synonyme de l’hojicha, un bancha torréfié et consommé en feuille ou en poudre.
  8. Sannen bancha : le sannen bancha est un bancha mûri pendant trois années complètes avant d’être doucement torréfié afin d’en extraire le goût. Il est extrêmement pauvre en caféine et peu amer.
  9. Umeboshi bancha : L’umeboshi bancha est un sannen bancha mélangé à de la purée d’umeboshi (prune japonaise) et de la sauce soja.
  10. Haru bancha : Haru bancha signifie “bancha de printemps”. Ce bancha est cueilli de février à mars et est fait des feuilles qui ont survécu l’hiver. Certains haru bancha peuvent aussi être torréfiés. Pauvre en caféine, il est extrêmement rare, même pour les Japonais.
  11. Hojicha: L’hojicha est un bancha torréfié pouvant également se consommer en poudre.

Quel cultivar est utilisé pour le bancha ?

Le bancha est produit en majorité à partir de Yabukita, le cultivar japonais le plus populaire (il occuperait entre 85 % et 95 % des champs.)

Cependant, il peut être produit à partir de n’importe quel cultivar.

Le terme “bancha” signifie “thé ordinaire” et désigne un thé vert standard produit à partir des récoltes d’été. Il existe donc de nombreux bancha différents sans nom spécifique pour les désigner.

Comment infuser le bancha ?

Préférez de l’eau à 80 °C et de trois à cinq grammes de thé par personne (150 ml d’eau).

Laissez infuser les feuilles pendant 2-3 minutes selon vos préférences. Au plus longtemps le thé est infusé, au plus amer il sera.

Quelle théière utiliser pour boire du bancha ?

Les théières traditionnelles japonaises “kyusu” restent idéales pour la dégustation du thé japonais.

Cependant, d’autres théières classiques en verre ou porcelaine feront aussi l’affaire.

Pour ceux qui n’aiment pas l’amertume, on recommande les théières en grès dont la spécialité est de rendre le thé moins astringent.

Quelle est l’histoire du bancha ?

Le bancha a plusieurs origines.

Une version raconte qu’il naquit spontanément durant la période de l’Edo (1603 – 1868).

À l’époque, les théiers étaient notamment utilisés comme haie séparant les maisons que les habitants cultivaient pour produire leur propre “thé de jardin”, appelé bancha.

Une autre version suppute que le bancha était produit à partir des feuilles d’été, plus grandes et plus dures.

Enfin, une troisième histoire explique que le thé vert était l’une des commodités les plus exportées à l’époque de l’Edo. Le thé qui ne passait pas l’inspection à l’exportation par manque de qualité était redirigé vers les consommateurs locaux.

Le bancha resta le thé le plus consommé au Japon jusqu’à l’invention du sencha par Nagatani Soen en 1738.

Il n’eut cesse de s’effacer depuis.

Production du bancha

La production de bancha a décliné depuis 2014 du à la production de sencha bon marché, se stabilisant aujourd’hui entre 18 000 et 21 000 tonnes annuelles.

Le bancha reste malgré tout le deuxième type de thé le plus consommé au Japon. Il est produit dans toutes les régions productrices de thé japonaises.

Quelle est la différence entre le bancha, le sencha, et le matcha ?

Le bancha est un thé récolté plus tard dans la saison. Son goût est plus terreux et moins amer que le sencha, récolté en début de saison.

Le matcha quant à lui, est un thé dit “d’ombre” moulu en poudre fine se dissolvant dans le thé, au contraire des bancha et sencha qui s’infusent.

Le bancha est-il vraiment de moins bonne qualité ?

Non.

Le bancha n’est pas fabriqué avec moins de soin ou d’attention que les autres thés japonais, et il n’est pas issu de plantes différentes non plus.

Sa réputation vient de son goût peut-être moins éloquent qu’un sencha ou qu’un gyokuro, et du fait qu’il possède une concentration un peu moindre de nutriment que les thés de premières récoltes.

Néanmoins, le bancha offre ses propres saveurs uniques et bienfaits uniques faisant de lui un thé délicieux et à part entière.

La notion de “qualité” dépend plus des goûts de tout un chacun que de mesures objectives.

Que savoir d’autre sur le bancha ?

Le bancha est utilisé pour la préparation d’ochazuke, un plat japonais de riz et de thé vert.

Conclusion

Le bancha est un thé vert bon marché japonais.

Consommé quotidiennement, il contient une plus grande densité en fer et en minéraux et un plus faible volume d’antioxydant et de caféine.

Malgré sa fausse réputation de “thé de mauvaise qualité”, le bancha est un thé unique qui ravira ceux appréciant les saveurs douces, terreuses, et légèrement amères.

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